LES JEUNES, L’ENGAGEMENT MILITAIRE ET LA GUERRE

Sociologue et directrice déléguée du CEVIPOF/Sciences Po, Anne MUXEL est une spécialiste de la jeunesse française et de ses évolutions contemporaines. Dans une étude réalisée pour l’IRSEM (1), elle s’intéresse au rapport des 18-25 ans à la guerre et à l’engagement militaire dans le contexte international mais aussi national actuel. Les principaux points révélés par son étude sont les suivants :

  • Les dispositions des jeunes à l’engagement militaire sont réelles en cas de mobilisation dans un conflit de haute intensité.
  • Les jeunes ne se sentent pas coupés de l’Armée nonobstant l’absence de service militaire mais ce lien emprunte différents chemins (famille, école, univers cinématographique et des jeux).
  • Ils ont une perception collective pessimiste de l’avenir dans laquelle la menace d’une guerre reste identifiée quand bien même les enjeux écologiques leur paraissent plus forts.
  • La Deuxième Guerre mondiale reste, pour eux, un cadre de représentation majeur du phénomène guerrier.
  • Les clivages sociaux, culturels et idéologiques continuent de distinguer les orientations selon que l’on soit de CSP+ ou CSP-, de gauche ou de droite, catholiques ou musulmans, diplômés ou non… Les jeunes de gauche ne témoignent cependant plus de l’hostilité des générations précédentes envers l’Armée.
  • Sans être souhaitée, une guerre serait perçue comme « un élément fédérateur d’une appartenance commune ».

En tenant compte des précautions d’usage liées à ce genre d’étude, ces différents points paraissent plutôt positifs. Ils n’en demeurent pas moins théoriques et spéculatifs quant à une résilience réelle de notre jeunesse.

Nghia NGUYEN
Professeur agrégé au Lycée Jean Monnet (Cognac)
180e promotion Cardinal de Richelieu

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  1. Cf. MUXEL (Anne), « Les jeunes et la guerre. Représentations et dispositions à l’engagement », Étude n° 116, IRSEM, mai 2024, 50 p.

IHEDN et Formations en régions

L’IHEDN ouvre ses formations 

D’après un article de Guy Brangier pour La Nouvelle République

L’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) a choisi la Préfecture de Niort à l’invitation de la Préfète des Deux-Sèvres, pour présenter, le mardi 30 avril 2024, ses actions et formations au niveau :

  • National, par le sous-préfet Jean-Michel Delvert, chef du département des activités en régions de l’IHEDN ;
  • Régional, par Paul Morin, président de l’association régionale des auditeurs de l’IHEDN (AR-18) ;
  • Départemental, par Jean-Louis Lobstein, vice-président du comité des Deux-Sèvres de l’AR-18.
Jean Louis Lobstein, vice-président pour les Deux-Sèvres- Paul Morin, Président régional Poitou-Charentes – Jean-Michel Delvert, sous-préfet et cadre de l’IHEDN.

La Nouvelle République. Quelles sont les missions de l’IHEDN ?

Jean-Michel Delvert. L’Institut, créé en 1936 par Léon Blum et rattaché au Premier ministre, est un établissement public qui cultive et diffuse l’esprit de défense auprès des cadres civils et militaires, des officiers aux chefs d’entreprises en passant par les diplomates et les cadres de la Fonction publique. L’Institut organise des formations nationales et internationales sur les questions concernant l’armement, les risques et menaces, la géopolitique, mais aussi l’intelligence économique, le numérique ou la cybersécurité. Les formations s’appuient sur le triptyque conférences-débats, travaux en comités, et visites de sites.
Les enjeux de sécurité sont divers et évoluent, d’où la nécessité de se former. 

LNR Quelle est la prochaine session en région ?

Paul Morin. Pour la Nouvelle-Aquitaine, une session aura lieu en novembre-décembre, avec 16 jours sur 4 semaines, à Pau, Agen, Bayonne et Bordeaux. Une autre est prévue début 2025 dans la région voisine entre Nantes et Angers. Ces sessions concernent une cinquantaine de participants qui obtiennent à l’issue la qualité d’auditeurs de l’IHEDN. Ils peuvent ensuite rejoindre notre association régionale qui continue à cultiver l’esprit de défense lors de colloques et de visites ou au sein du Trinôme académique sous la présidence de la rectrice d’académie.

LNR En Deux-Sèvres, quelles actions mène l’IHEDN ?

Jean Louis Lobstein. Le comité départemental se retrouve une fois par mois, organise des visites de sites économiques ou militaires, des tables rondes, par exemple récemment à Niort sur la cybersécurité, et mène des travaux de réflexion sur des sujets nationaux, ou plus locaux, comme sur les conseillers municipaux correspondants défense, les réserves communales de sécurité civile, les commémorations. Nous avons aussi réalisé les panneaux historiques sur les conflits post 1945 du Mémorial des Deux-Sèvres à Mazières en Gâtine.

Naufrage du Lancastria

Hommage aux soldats et victimes civiles britanniques décédés suite au naufrage du Lancastria le 17 juin 1940 au large de Saint-Nazaire.

Par Gérald SIM – Professeur agrégé d’histoire-géographie au collège Pierre Mendès France de La Rochelle, chargé de cours à l’université de La Rochelle.
– Docteur en histoire contemporaine de l’Université de Nantes et spécialiste des relations franco-américaines au XIXe siècle.
– Auditeur de la 198e session en région (promotion « Capitaine Charles N’Tchoréré ») de l’Institut des hautes études de défense nationale (2014).

Le 16 juin 2023, les élèves de la classe de défense du collège Pierre Mendès France, dirigée par Gérald SIM, et les volontaires du 3e Régiment du Service militaire volontaire de La Rochelle ont souhaité rendre hommage aux soldats et aux victimes civiles britanniques décédés suite au naufrage du Lancastria le 17 juin 1940, en déposant au cimetière de Bois-Plage-en-Ré une urne contenant de la terre et des pierres provenant du Royaume-Uni. Voir [Annexe 1] et [Annexe 2]

En France, 41 cimetières, répartis en Loire-Atlantique, Vendée et Charente-Maritime, abritent les sépultures des victimes dont les corps ont échoués sur nos plages. Un mémorial commémoratif a été érigé à Saint-Nazaire.

En Charente-Maritime, 27 cimetières sont concernés dont celui de Bois-Plage-en-Ré qui dénombre 13 tombes. Voir [Annexe 3]

Cette manifestation mémorielle est organisée à partir de travaux réalisés par la classe de défense sous la conduite pédagogique de Gérald SIM. Cet évènement a eu lieu en présence de différentes autorités locales. Maire de la commune, conseiller départemental, DMD adjoint, le service départemental de l’ONaCVG de Charente-Maritime.

Paul MORIN, président de l’AR-18, assistait à la cérémonie accompagnée par Jean-Marc BRAULTde BOURNONVILLE, secrétaire du comité Aunis-Saintonge. 

Détail de la cérémonie avec la présence des élevés de la classe de défense et également des volontaires du 3e RSMV de La Rochelle.

Tout ce travail de mémoire et d’identification des victimes est consultable dans un livre numérique réalisé par les élèves :

https://tinyurl.com/27pucynw

Lecture du livre : https://tinyurl.com/27pucynw

ANNEXE 1

Déroulé de la cérémonie.

  • Présentation par une représentante du SMV du déroulé de la cérémonie
  • Présentation sous forme de discours du projet pédagogique mené au cours de l’année scolaire (je serai aux manettes)
  • Lecture de la lettre d’un rescapé du Lancastria (2 élèves)
  • Lecture de 4 biographies réalisées par les élèves
  • Mot du président de l’association du Lancastria venant exprès de Saint-Nazaire.
  • Dépôt de l’urne contenant de la terre et des pierres venant du Royaume-Uni et inauguration d’une plaque commémorative
  • Dépôt de fleurs et de bougies par les élèves
  • Lecture des noms des soldats britanniques inhumés dans le cimetière par un élève et un volontaire du SMV énonce “Mort en service”
  • Dépôt des gerbes par les autorités avec les élèves : Mairie, DMD adjoint (LCL Lanza), conseil général (Patrice Raffarin), Office national des combattants et victimes de guerre, président de l’association du Lancastria 
  • Aux morts – minute de silence
  • Temps d’échange entre participants

ANNEXE 2

Le Lancastria sombre au large de Saint-Nazaire.

C’est l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire. 

Le 17 juin 1940, le paquebot britannique Lancastria sombrait au large de Saint-Nazaire, mortellement touché par les bombes de l’aviation allemande. 

Mis en service en 1922 (sous le nom de Tyrrenhia puis rebaptisé en 1924), le navire de la Cunard, long de 168 mètres, venait d’embarquer des soldats britanniques fuyant l’avancée des troupes allemandes dans l’ouest de la France. 

Après son appareillage, le Lancastria est attaqué à 15 h 50 par quatre avions Ju 88, qui parviennent à placer une bombe dans une des cheminées. Ce coup fatal provoque la perte du navire, qui coule en une vingtaine de minutes. 

Officiellement, le naufrage fait 5 200 victimes, ce qui en fait le second plus meurtrier après celui du paquebot allemand Wilhelm Gustloff (plus de 5 300 morts), torpillé le 30 janvier 1945 par un sous-marin soviétique. Toutefois, selon certains historiens, la perte du Lancastria aurait, en réalité, fait quelques 7 000 victimes. 

Tragédie confidentielle. Le nombre exact de ceux qui se sont trouvés à bord du Lancastria est inconnu.
Les documents de bord sont sous secret militaire pour 100 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2040. 
À l’annonce du naufrage, Churchill place sous secret la nouvelle du désastre, par la Defence Notice (D-Notice), afin de ne pas démoraliser davantage les citoyens britanniques. 
Le même jour, l’armée française est complètement anéantie par l’armée allemande et l’annonce officielle de la capitulationde la France devant l’Allemagne d’Hitler est diffusée au même moment.

ANNEXE 3

27 cimetières sont concernés en Charente-Maritime.
© Commonwealth War Graves

  • Angoulins :                                   2 tombes.
  • Ars-en-Ré :                                  12 tombes (île de Ré).
  • Aytré :                                          2 tombes.
  • Châtaillelon-Plage :                      6 tombes.
  • Dolus d’Oléron :                           11 tombes (île d’Oléron).
  • Fouras :                                       1 tombe.
  • Jonzac :                                       2 tombes.
  • La Couarde-sur-Mer :                   5 tombes.
  • La Rochelle :                                1 tombe (cimetière Saint-Éloi).
  • La Tremblade :                             9 tombes.
  • Le Bois-Plage-en-Ré :              13 tombes (île de Ré).
  • Château-d’Oléron :                      1 tombe (île d’Oléron).
  • Les Mathes :                                1 tombe.
  • Les Portes :                                 1 tombe.
  • Muron :                                        1 tombe.
  • Rochefort-sur-Mer :                      29 tombes (cimetière naval).
  • Royan :                                        7 tombes (cimetière catholique Romain).
  • Saint-Clément-les-Baleines :        6 tombes (île d’Oléron).
  • Saint-Georges-d’Oléron :             18 tombes (île d’Oléron).
  • Saint-Martin-de-Ré :                     10 tombes (île de Ré).
  • Saint-Nazaire-sur-Charente :        2 tombes.
  • Saint-Palais-sur-Mer :                   8 tombes.
  • Saint-Trojean-les-Bains :              13 tombes.
  • Sainte-Marie-de-Ré :                    7 tombes (île de Ré).
  • Yves :                                           5 tombes. 

Cognac – Escadrille Air Jeunesse

La BA 709 fait les yeux doux à la jeunesse.

Par Fanny PERRETTE – f.perrette@charentelibre.fr,
publié le 31 janvier 2024 à 20h03, modifié le1 février 2024.

  • Classes défense, Brevet d’initiation à l’aéronautique, Escadrille Air Jeunesse.
  • La Base Aérienne 709 est sur tous les fronts pour gonfler ses rangs.
  • Exemple ce mercredi avec une remise de calots.
La Base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard organise une cérémonie de remise des calots aux profits des équipiers de l’Escadrille Air Jeunesse (EAJ) le mercredi 31 janvier 2024 sur le parking du mess des officiers.

Les raisons de l’engagement.

Dans la classe de défense du lycée Jean-Monnet, plusieurs raisons ont motivé les jeunes à approfondir leurs connaissances de l’armée de l’Air et de l’Espace.

Alexandre par exemple, y est venu par curiosité́, même s’il n’exclut pas d’en faire son métier. « J’ai pu découvrir tout ce qui tourne autour de l’aviation : les drones, les pilotes, les escadrons, les différents métiers de la mécanique, les pompiers et les commandos qui défendent la base… C’est assez diversifié. On peut comparela base à une petite ville », sourit l’intéressé. 

Chez Mattis, un de ses camarades plutôt partant pour s’engager sous le drapeau, les notions « de défense de populations attaquées qui n’ont rien demandé » et de « reconnaissance pour ces personnes qui risquent leur vie » sont centrales. 

Antoine était initialement plutôt attiré par le côté « voyage et découverte. Mais ça, c’était quand j’étais petit, car j’ai toujours voulu être militaire. Aujourd’hui, c’est plus le côté patriote avec la défense des intérêts français à l’étranger. Je pense entre autres à de la libération d’otages. ». 

De son côté, Manon entendait simplement entrevoir cet univers jusqu’alors inconnu. « Il y a des métiers que je ne soupçonnais pas, comme maître-chien ! »

Le mot de la fin revient à leur professeur, Nghia NGUYEN : « Ce que je remarque chez les jeunes, c’est qu’ils ont soif de découverte et souhaitent se rendre utiles à la société ».

Nghia NGUYEN 
– 180e promotion Cardinal de Richelieu
– Professeur agrégé
 au Lycée Jean Monnet (Cognac)
– Référent C-DEF AP2D

Complément sur le blog de la classe Défense Antoine de Saint-Exupéry : Les acteurs scolaires de la Défense dans Cognac

Éduquer à la Défense

Article écrit le 19 décembre 2023 par Nghia NGUYEN 
– 180e promotion Cardinal de Richelieu
– Professeur agrégé
 au Lycée Jean Monnet (Cognac)
– Référent C-DEF AP2D

https://blogpeda.ac-poitiers.fr/cdef-jeanmonnet/

Un nouveau blog pour l’éducation à la Défense.

Lancée en octobre dernier, la classe Défense (C-DEF) du Lycée Jean Monnet a désormais son blog officiel (1). Hébergé sur le site du lycée même, celui-ci est un blog académique relevant de l’académie de Poitiers.

Plus qu’une simple page académique, il permettra de relayer les comptes rendus des actions pédagogiques de la Classe Défense Antoine de Saint-Exupéry, et de donner la parole aux lycéens qui la font vivre. Vitrine de la C-DEF, il en constitue aussi la forme de l’évaluation officielle telle que la convention MINEN/MINARM le demande.

On y trouvera une page « Enseignement de défense » qui donne le contexte ainsi que des informations sur l’environnement militaire (unités et matériels) de la C-DEF.

Une page « L’Esprit de défense » initiera les lycéens aux traditions et valeurs constitutives d’une culture de défense plus large ; cette dernière conduisant à l’Esprit de défense.

Des ressources pédagogiques sont également proposées, qui permettront d’approfondir les thèmes d’étude spécifiés lors des visites ou ceux abordés durant un enseignement de défense.

« Être et servir » est une dernière page du blog où les élèves pourront s’informer sur les très nombreux métiers proposés non seulement par les forces armées mais aussi par la sécurité civile.

Nghia NGUYEN

1. Cf. https://blogpeda.ac-poitiers.fr/cdef-jeanmonnet/

Classe Défense de Cognac – BA 709

Article écrit le 23 octobre 2023 par Nghia NGUYEN 
– 180e promotion Cardinal de Richelieu
– Professeur agrégé
 au Lycée Jean Monnet (Cognac)
Référent C-DEF AP2D

LE LYCÉE JEAN MONNET OUVRE UNE CLASSE DÉFENSE

Mardi 17 octobre 2023, le colonel Thierry KESSLER-RACHEL, commandant la base aérienne 709, et madame Anne CHRISTIE, proviseure, signaient la convention établissant une classe Défense au sein du Lycée Jean Monnet de Cognac. En fait, la création d’une classe Défense (C-DEF) ne fait qu’officialiser une relation déjà suivie entre ces deux grands établissements publics de l’agglomération cognaçaise, qui rassemblent quotidiennement le plus grand nombre de personnes (1). Elle s’inscrit dans un fil d’échanges et d’intérêt mutuel anciens.

Qu’est-ce qu’une classe Défense ?

Dispositifs partenariaux institutionnalisés depuis 2005, les C-DEF – aussi appelées Classes Défense et Sécurité Globale (CDSG) – ont pour vocation de rapprocher les communautés éducative et de défense. Concrètement pour qu’une C-DEF/CDSG existe, il faut la rencontre de plusieurs acteurs : le MINARM (unité marraine et DMD), le MINEN (rectorat et trinôme académique) et une initiative locale émanant d’un collège ou d’un lycée. La formule n’a cessé de grandir depuis, et a été récemment renforcée par le protocole interministériel du 16 décembre 2021 qui encourage la généralisation de ces dispositifs nonobstant le faible nombre d’unités militaires existantes. On compte désormais, toutes académies confondues, plus de 500 C-DEF rassemblant 12 500 collégiens et lycéens. À une époque où la question de la résilience de la Nation se pose de manière cruciale, elles constituent des briques particulièrement utiles dans l’ensemble des dispositifs éducatifs cherchant à faire redécouvrir le goût de l’engagement auprès des jeunes.

Dans son principe, une C-DEF engage un professeur ou une équipe enseignante dans la conduite d’un projet pédagogique avec une unité militaire marraine (2). Sur son versant scolaire le ou les professeurs mettent en place un enseignement de défense ainsi qu’une sensibilisation aux enjeux portés par la Défense nationale ou la Mémoire. Sur le versant militaire, l’unité marraine du projet invite les élèves à entretenir une relation sur l’année à travers des rencontres avec des acteurs opérationnels, des échanges divers (courriers avec des soldats en opération par exemple) et des visites de sites et de matériels. L’objectif est de faire découvrir aux jeunes le monde de la Défense, son engagement fondamental au service du pays, ses métiers mais aussi ses valeurs avec la participation des élèves à des cérémonies et prises d’armes.

Si une unité peut parrainer localement plusieurs C-DEF dans différents établissements scolaires, le succès de la formule repose aussi sur sa grande souplesse et un large éventail de dispositifs proposés. À l’origine destinées aux collèges, les C-DEF ont fini par s’étendre aux lycées professionnels et généraux. Elles peuvent concerner aussi bien des classes constituées de volontaires sur un même niveau que des classes spécifiquement dévolues.
Surtout, le choix des unités marraines reste large car il reflète la diversité des acteurs d’une Défense désormais globale. Les professeurs peuvent ainsi choisir des problématiques de projet fort différentes : Police nationale, sapeurs-pompiers, Douanes, Gendarmerie nationale, Protection civile peuvent ainsi être privilégiés au-delà des seules forces armées.
Un dispositif plus intégré à ces dernières existe cependant depuis 2008 : ce sont les Cadets de la Défense qui proposent un véritable programme d’activités hors temps scolaire et sous l’uniforme.

La C-DEF AP2D Antoine de Saint-Exupéry

La C-DEF qui s’ouvre, pour la première fois, au Lycée Jean Monnet de Cognac est parrainée par l’une des deux unités de RPA (3) Reaper de la 33e ESRA : l’Escadron ED 2/33 Savoie. Cet escadron de reconnaissance, créé en 1932, fut l’unité d’affectation de l’écrivain Antoine de SAINT-EXUPÉRY (1900-1944). Il est, aujourd’hui, commandé par le lieutenant-colonel François et a remplacé ses vieux P-38 Lightning et Mirage F1CR par les avions pilotés à distance MQ-9 Reaper de General Atomics.

C’est donc une C-DEF a coloration aéronautique qui se met en place. Elle sensibilisera les lycéens à la guerre des drones dont les conflits actuels aux confins de l’Arménie, en Ukraine et au Proche-Orient nous montrent chaque jour l’importance grandissante. L’une des premières approches sera de distinguer ce que l’on appelle de manière courante et générique « drone » d’avions pilotés à distance qui nécessitent de vrais pilotes et des infrastructures aéronautiques (cockpits déportés, stations de recueil, pistes, hangars, structures de MCO…).

Les drones quant à eux désignent une famille d’engins très divers dont la mise en œuvre ne demande pas de compétences aéronautiques particulières (4). Ils ne sont pas engagés dans les mêmes missions, ne relèvent pas forcément de l’Armée de l’Air et de l’Espace, coûtent beaucoup moins cher et sont utilisés comme un matériel consommable. Cette distinction importante donne son nom à la Classe Défense Avions Pilotés à Distance et Drones (C-DEF AP2D).

Un enseignement de défense spécifique sera donc mis en place au sein de cette C-DEF afin de permettre aux 12 premiers lycéens de 2nde formant la première promotion de mieux cerner la spécificité de ces nouveaux armements du champ de bataille contemporain. Il est également prévu, dans le courant de l’année, de conduire l’étude jusque dans la représentation de ces matériels dans le cinéma : réalisme, contre-vérités, approche de la question des robots de combat et du stress post-traumatique au-delà des écrans de contrôle…

Avec la présence déjà ancienne d’une formation au Brevet d’Initiation Aéronautique (BIA) conduite par le capitaine Igor et, plus récemment, la mise en place d’une Escadrille Air Jeunesse (EAJ) sous le commandement du capitaine Jean-Philippe, la création de la C-DEF AP2D Antoine de Saint-Exupéry participe à l’affirmation et à l’arrimage d’un véritable pôle Armée de l’Air et de l’Espace au sein du Lycée Jean Monnet (5).

Nghia NGUYEN

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  1. 1. Cf. La BA 709 est le premier employeur de Cognac avec des effectifs qui n’ont cessé d’augmenter depuis l’installation de l’EAC sur son site en 2020. Quant au Lycée Jean Monnet, il accueille plus de 1000 personnes durant les jours ouvrables.
  2. 2. Cf. L’actuelle convention a été signée pour une période de trois années.
  3. 3 Cf. Remotely Piloted Aicraft system qui signifie avion piloté à distance.
  4. 4. Cf. Le spectre est désormais très large qui va de microdrones (de type Black Hornet) à des munitions rôdeuses (de type Zala Lancet ou Switchblade) en passant par les bi, tri, quadri et hexacoptères accessibles au grand public dans les magasins d’aéromodélisme.
  5. 5. Cf. Contrairement au BIA et à l’EAJ qui recrutent également dans le Lycée privé Beaulieu, la C-DEF AP2D reste une structure spécifique au Lycée Jean Monnet. Le Lycée Beaulieu a par ailleurs ouvert sa propre C-DEF en 2021.

Lutte contre le terrorisme

L’organisation nationale et territoriale en cas d’attaques terroristes.
Rôle des armées

Par le Comité de Charente-Maritime, Royan, le 15 juin 2017

« La France est en guerre… contre le terrorisme islamique radical ».

Monsieur Manuel Valls, Premier Ministre, faisait ce constat face aux attentats contre Charlie hebdo, le Bataclan et Nice. Aujourd’hui, cette analyse de la situation nationale n’est pas remise en cause par Monsieur Emmanuel Macron, nouveau Président de la République. Au contraire, l’environnement sécuritaire mondial en pleine évolution laisse craindre la multiplication des activités terroristes d’inspiration islamiste.

Dans ce cadre, il est important de s’interroger sur la qualité de l’organisation centrale et territoriale de gestion de crise et sur sa capacité à faire face, sur le territoire national, à une campagne d’attaques terroristes multiples, coordonnées et durables, sans précédent sur le territoire national et qui pourraient, après une escalade de la violence entre les différentes parties en présence, dégénérer en une insurrection armée voire, en une guerre civile.

Notre pays dispose de structures, de moyens et de processus. Il s’agit notamment des chaînes de commandement civiles et militaires qui, bien qu’elles soient très différentes par nature ont l’habitude de travailler ensemble et ont prouvé leur efficacité dans le cadre du traitement des catastrophes naturelles. Ce dispositif s’est rapidement adapté à la situation nouvelle créée par les attentats de 2015 et 2016. Cependant il existe encore des imperfections, notamment dans le partage de la connaissance et du renseignement comme dans la cohérence interministérielle des concepts et des actions.

Après avoir évoqué le cadre international propice à l’apparition de crises majeures d’origine terroriste sur le territoire national, cette étude décrit le dispositif destiné à y faire face, les évolutions engendrées par les menaces actuelles, et enfin propose certaines adaptations.

Elle s’intéresse plus particulièrement au rôle et à l’action des Armées.

Apprendre à refuser d’être un “manager poubelle”

Par Isabelle BARTH Professeure des universités

Il existe une catégorie étrange de managers, qu’on rencontre finalement assez souvent mais qui a tendance à se dissimuler : il s’agit du « manager poubelle » !

Peut-être êtes-vous, vous-même un manager poubelle ou bien en avez-vous un dans votre entourage professionnel ?
Comment l’identifier ?

C’est simple : il ou elle prend tout, comme le grand poubellator des OUIGO !

– Un collaborateur arrive avec une plainte : il prend et va trouver des solutions.
– Son N+1 lui demande un dossier complémentaire car lui-même n’a pas le temps : il prend !
– Un collègue lui fait part d’une difficulté à résoudre un problème : il prend !
– La cousine de la belle sœur de l’assistante du service d’à côté a besoin d’un conseil : il prend !

Première observation : le pli est vite pris dans l’entourage ! Le manager poubelle est sollicité en permanence. Pourquoi s’en priver, il dira OUI et se démènera pour donner satisfaction.
Deuxième observation : ces prises en charge qui ne sont nullement inscrites dans les missions constituent de véritables trous noirs ! Elles aspirent du temps et de l’énergie !

Cette exigence qui ne fait que croître implique bien souvent un épuisement qui peut conduire à l’arrêt maladie, ou bien à l’explosion inexplicable qui tétanise tout le monde.
Pour ne pas en arriver à ces extrémités, il faut comprendre comment et pourquoi on est devenu un « manager poubelle ».

Je vois trois pistes qui sont autant de voies de remédiation :
1/ Le manager poubelle ne sait pas dire NON. Cela vient souvent de l’éducation où l’on apprend à dire OUI. Il est donc important de savoir opposer un refus à des demandes hors champs ou non-justifiées. Il s’agit alors d’objectiver la situation : « pas le temps », « pas dans mon champ de compétences », « j’aimerais beaucoup mais ce n’est pas le bon moment » … pour sortir de tout chantage affectif.
2/ Le manager poubelle aime ça : être indispensable ! Quand tout le monde se tourne vers lui avec une demande, cela lui donne le sentiment d’exister, d’être au centre de tout. Il faut alors se poser la question : « pourquoi me demande-t-il ce service ? ou me confie-t-il cette tâche ? ». Si la réponse est autre que : « c’est ma compétence, cela fait partie de mes missions, c’est un apprentissage … », on oublie et on revient à la case « savoir dire NON ».
3/ Le manager poubelle n’a pas pris conscience que manager, c’est déléguer, mais bien déléguer. Il faut alors identifier toutes les tâches qu’on a soigneusement gardées (peut-être par peur de ne plus être incontournable) alors qu’elles devraient être assumées par ses collaborateurs. Déléguer, ce n’est pas passer le mistigri ou la patate chaude, c’est transmettre des compétences, un cadre, un objectif, des moyens à quelqu’un d’autre en lui faisant confiance dans la réalisation du travail à faire.

Evidemment, le projet n’est pas de devenir un manager huitre, celui qui se ferme à toutes les demandes ! Mais d’exercer son discernement pour frayer son chemin à travers les multiples sollicitations qui sont faites au quotidien. 

Et ce qui est bien, c’est que, une fois le nouveau comportement adopté, le message est vite passé et les occasions de dire NON se font plus rares. Et chacun se retrouve à sa juste place. 


Tout le monde gagne à la disparition des managers poubelles !

L’attentat du DRAKKAR

L’attentat du DRAKKAR, le 23 octobre 1983 à Beyrouth
par le général (2s) Jean-Claude CARDINAL
Chef de corps du 1er RCP entre 1982 et 1984

En bonus, disponible au téléchargement en fin de page, un article de Éric de Verdelhan : « Le Drakkar » : 23 octobre 1983.
Aujourd’hui, je veux vous parler d’un attentat qui remonte à 40 ans et rendre hommage au lieutenant Antoine de la Batie, mort à Beyrouth le 23 octobre 1983, avec 57 parachutistes français, dans l’explosion de l’immeuble « Le Drakkar »…

La bande de Gaza

La bande de Gaza (1/2) : Territoire, population et histoire
La bande de Gaza (2/2) : Le dispositif de contrôle israélien

Par Laura Monfleur Publié le 20/07/2018 • modifié le 08/10/2023
Élève en géographie à l’École Normale Supérieure et diplômée d’un master de recherche en géographie, Laura Monfleur s’intéresse aux espaces publics au Moyen-Orient, notamment les questions de contrôle des espaces et des populations et de spatialité des pratiques politiques et sociales. Elle a travaillé en particulier sur Le Caire post révolutionnaire et sur les manifestations des étudiants à Amman. Elle travaille pour la rubrique cartographique des Clés du Moyen-Orient.
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