Les Trinômes académiques, un pilier essentiel de la résilience nationale

Mis en avant

Revue Défense – Géopolitique & Sécurité – N° 227 – Janvier – Février – Mars 2026
Par Préfète Catherine Sarlandise de La Robertie – Directrice de la publication
Présidente de l’Union des associations d’auditeurs de l’IHEDN

Idée maîtresse

Les Trinômes académiques constituent un dispositif structurant et irremplaçable pour forger la résilience nationale, en faisant de l’esprit de défense non pas un concept abstrait, mais une culture vivante transmise concrètement à la jeunesse, du primaire à l’université.


Idées directrices fortes

1. Un partenariat tripartite d’une solidité éprouvée Né en 1982 d’un protocole fondateur, le dispositif repose sur l’alliance de trois piliers complémentaires — le ministère des Armées, l’Éducation nationale et l’Union-IHEDN — dont la complémentarité garantit une articulation unique entre le monde militaire, le monde éducatif et la société civile.

2. Une mission pédagogique à large spectre Agissant du CM2 au bac +5, les Trinômes forment les enseignants, sensibilisent les élèves et animent un large éventail d’actions concrètes (conférences, rallyes citoyens, ateliers géopolitiques, actions mémorielles), permettant d’incarner une culture de défense accessible et vivante. Le bilan est éloquent : près de 3 millions de jeunes sensibilisés, plus de 200 000 enseignants formés.

3. Une capacité d’adaptation aux mutations de la société En quarante ans, le dispositif a su absorber des transformations majeures — professionnalisation des armées, suspension du service national, réformes éducatives — tout en s’élargissant à l’enseignement supérieur et en essaimant des structures connexes comme les 1 200 classes de défense ou les 26 centres de cadets.

4. Un ancrage territorial comme garantie d’efficacité Si les orientations sont fixées au niveau national, c’est l’échelon local — avec les collectivités territoriales, les partenaires publics et privés — qui assure l’expérimentation, la mise en œuvre et la pérennisation du dispositif, y compris dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes.

5. Une réponse aux menaces contemporaines multiformes Face au retour des conflits de haute intensité, au terrorisme, aux cyberattaques, aux stratégies hybrides et à la manipulation cognitive amplifiée par l’IA, les Trinômes contribuent à forger la force morale et la résilience collective indispensables à la nation.


Conclusion

Dans une société traversée par la fragmentation des identités et la crise du sentiment d’appartenance, les Trinômes académiques ne sont pas un héritage institutionnel à conserver par inertie — ils sont une nécessité active. Ils assurent la transmission des valeurs républicaines et de l’esprit de défense à des générations qui en auront plus que jamais besoin face à des menaces protéiformes. Leur longévité, leur adaptabilité et leur ancrage territorial en font un outil de résilience nationale dont l’utilité n’est pas à démontrer, mais à amplifier.

C’est là une responsabilité collective qui ne souffre ni délai ni demi-mesure.