Départ de Bernadette

Discours de Bernadette lors de sa fin de mandat de vice-présidente en charge du comité Aunis-Saintonge (17).

Quelques considérations non intempestives pour répondre à quelques interrogations.

« Qu’est-ce qu’on t’a fait ? » s’exclama notre ami Jacques Tabary, à l’annonce de ma démission, véritable cri du cœur exprimant ainsi le désarroi silencieux de ses camarades qui ne semblaient pas avoir pris au sérieux les « prémic/sses » (dans tous les sens du terme) de mon retrait de la fonction de vice-présidente ayant en charge le Comité Aunis-Saintonge, comme se plaît à le nommer notre éminence grise, Philippe Mounier, si féru d’histoire…

Cette présidence, je l’ai acceptée en octobre 2011, dans le contexte tragique de la mort de Pierre-Philippe Feyzeau, au moment de ma prise de retraite de l’Éducation Nationale, prendre sa retraite ne signifiant pas pour autant battre en retraite !

Je ne peux donc pas m’exclamer comme Jacques-Louis Keszler avec lequel je suis allée voir les étudiants d’EXCELIA à La Rochelle (Groupe Sup de Co dont il a été le fondateur et nous y avons travaillé de concert à l’époque) pour y présenter les Lundis de l’IHEDN :

« Nous retrouver ensemble à Sup de Co… c’est du Dumas !… 20 ans après !! »

parce qu’en réalité, en ce qui me concerne, trois mandats de présidente ne font que neuf ans… et nous ne sommes même pas encore en 2020 !

Par contre je peux dire « 20 ans après », ayant fait la session régionale de Poitiers en 2000 avec Christophe (Royer), et un certain nombre de nos amis de l’AR 18.

Devenir alors « auditeur » a officialisé pour moi un engagement personnel qui, lui, remonte aux années 90, au sein du Trinôme académique dont l’action s’inscrivait dans les valeurs civiques de la République, et rayonnait en osmose avec l’AR 18.

C’est ce sens du devoir, ce respect des valeurs humanistes qui m’ont fait accepter la responsabilité de la présidence en octobre 2011, m’inscrivant ainsi dans la succession de Pierre-Philippe Feyzeau, Max Clicquot de Mentque, et même de Paul Guéneau dont il ne faut pas oublier qu’il a fait vivre en son temps le comité, même si sa modestie ne l’a pas conduit à le faire connaître. Ce fut du reste une belle époque, bien avant 2000, où le comité qui n’était pas encore identifié comme tel, rayonnait sur l’AR 18 par son travail interdépartemental auquel participaient certains d’entre vous toujours présents, fidèles parmi les fidèles : Alain Amat, Christian Beaudeau, Claude Boudesseul, Régis Hardy…

J’ai donc pris la présidence dans l’urgence de la situation, et surtout pas pour céder à la mode d’une parité dont la revendication systématique me semble plutôt déshonorer la gent féminine, mais j’ai surtout accepté parce que je savais pouvoir m’appuyer sans réserve sur Jean-Claude Rodriguez, qui eût dû lui-même devenir président d’un comité dont il a été la véritable cheville ouvrière…

Partagez donc avec moi l’émotion de savoir que je pars sans regret, laissant à Paul Morin une responsabilité dont il a déjà témoigné par son investissement personnel, au sein d’un comité qui bouillonne d’idées et d’initiatives dont la dernière, et pas la moindre, est la création du site Internet que l’on doit à Christian Chauvet et Jacques Tabary, tous deux faisant entrer l’AR 18 de plain-pied dans le XXIème siècle.

Que cette réunion de ce soir soit donc un véritable « trait… d’union » … tiret du 6 «  » comme du 8 « _ » puisqu’il souligne l’arrivée du nouveau président : bienvenue Paul !                           

Bernadette Grignon

Dossier d’archives :

Bonjour.
Merci à tous pour avoir contribué et participé au succès de la cérémonie en hommage à Bernadette qui s’est tenue hier soir lundi 23 septembre au cercle militaire de Rochefort.
Vous trouverez la photo de groupe prise sur l’initiative de Jean-Michel CLÈRE.
Merci aussi à celles et ceux qui ont contribué à cette réussite et qui, malheureusement, n’ont pu se libérer à cette occasion.
Amitiés

Paul Morin

Très chers Amis,

Je suis encore sous le coup de l’émotion qu’a provoquée la surprise de cette réunion, véritable cérémonie dont je reste encore toute esbaudie du secret de l’organisation et des honneurs auxquels j’ai eu droit.

Après ce bel hommage et ce magnifique cadeau qui témoigne de la résistance de la plume au clavier… un repas très convivial a permis de prolonger ces échanges animés par une amitié dont le témoignage en est la présence de Jean-Claude Duchet, accompagné du général Ménanteau et du président du comité 16, Dominique Faure. Nous devons à l’initiative du président de l’AR 18 la réduction à un prix symbolique de ce repas « amélioré », selon l’expression consacrée.

Notre nouveau président, Paul Morin, prenant début octobre quelques vacances bien méritées, je vous enverrai prochainement l’invitation à participer à notre réunion du lundi 21 octobre (qu’il présidera), dont l’ordre du jour reconduira en grande partie celui du 23 septembre.

En vous renouvelant mes remerciements très émus, croyez à la fidélité de mon engagement associatif et à la sincérité de mon amitié.

Bernadette Grignon

À quoi ça sert, la philosophie ?

Le Journal de la Philo par Géraldine Mosna-Savoye

L’amour, le mal, la mort, la justice, la joie, la morale… : les philosophes ont pris la parole et la plume sur tout. Mais de leur propre discipline, qu’en ont-ils dit ? Comment la voient-ils ? À quoi leur sert la philosophie ?

L’anthologie Le goût de la philosophie tente de répondre à toutes ces questions, à paraître aux éditions Mercure de France.

La philosophie, ça sert … 

À quoi sert la philosophie ? Si cette question était d’actualité en 1980, 39 ans plus tard, en pleine réforme du lycée et de l’enseignement, dont celui de la philosophie, elle l’est encore. Et le mieux, pour y répondre, est encore de se tourner vers les principaux intéressés : les philosophes, “ces gens un peu bizarres au langage si particulier” comme le dit Bernard Pivot… Et c’est bien ce qu’on trouve dans cette anthologie Le goût de la philosophie. 

Qu’est-ce que la philosophie pour Aristote ? Comment en faire selon Sénèque ? Qu’est-ce que vivre sans philosophie, selon Descartes ? À quoi ressemble le fait de philosopher selon Bergson ? Ou encore qu’est-ce que Rousseau a apporté à Kant et Simone Weil à Albert Camus ? 

Ce sont quelques-uns des textes que vous pouvez y découvrir, vous saurez ainsi que la philosophie commence par l’étonnement, qu’il faut s’y consacrer complètement, que ne pas philosopher, c’est avoir les yeux fermés, mais que le faire est un acte simple, et qu’enfin, Rousseau permet d’être sur le droit chemin et que la solitude de Simone Weil n’était pas sans espoir… Je vous laisse attribuer à chaque auteur ces réflexions…

Mais cela suffit-il à dire à quoi sert la philosophie ? C’est le premier problème, et c’est Jankélévitch qui l’avait soulevé, justement dans cette émission de 1980, voici ce qu’il répondait à la question posée : 

… à rien ! …

La philosophie, ça ne sert à rien… On pourrait y voir une réponse de philosophe, qui déconstruit la question pour ne pas y répondre. Et c’est vrai que cette réponse est séduisante, que l’on est tenté de le croire : je ne lis pas un livre de philosophie pour penser, je n’écoute pas tel penseur pour avoir une idée ou pour réussir une réflexion, comme je me servirais d’un mixeur pour réussir ma purée. 

Et pourtant, force est de reconnaître que beaucoup des textes de cette anthologie révèlent une utilité de la philosophie : pour Marc Aurèle, seule la philosophie permet de nous guider au milieu des écueils de l’existence ; pour Voltaire, elle est un remède au fanatisme ; ou pour Sartre et Beauvoir, elle est ce qui nous dévoile le monde et permet d’y cheminer. Plus intéressant, encore, Rousseau pour qui la philosophie est comme un magasin d’idées, comme si pour le coup elle nous permettait de réussir à penser, à s’instruire.

Dans la suite de l’entretien avec Pivot, Jankélévitch dit que la philosophie ne sert à rien, mais qu’elle suppose en revanche une pratique : elle se fait, plutôt qu’elle ne se dit. Si elle a donc bien une utilité, sans relever pour autant de l’utilitarisme, de l’instrument pur, c’est parce qu’elle se pratique, elle ne sert pas à obtenir un bien précis, mais à quelque chose de beaucoup plus fondamental pour soi et d’en même temps très quotidien : la critique… 

… mais ça se pratique. 

Philosopher ne sert à rien, mais ça se fait et ça se pratique, de fait, tout le temps, même quand on le conteste.
Ainsi, ce n’est pas l’acte de philosopher qui doit être questionné, en se demandant à quoi il sert, mais plutôt l’existence de ces textes mêmes qui font parler la philosophie et en montrent l’utilité.
À quoi ça sert de parler de philosophie quand on est philosophe ? N’est-on pas déjà convaincu de sa nécessité ? Qui cherche-t-on à convaincre ? C’est une autre question… tout aussi utile. 

Tous les extraits sont issus de l’émission Apostrophes, Antenne 2, 1980

Jeu mathématique

Jeu mathématique : quel est le poids du bouchon ? Par Hervé LEHNING, Normalien et agrégé de mathématiques.

Derrière une énigme mathématique se cache souvent une question mathématique plus ou moins profonde, la question posée en étant un habillage. Il en va ainsi des équations du premier degré.

Question N° 1 – Un père a 30 ans de plus que son fils, à eux deux ils ont 36 ans, quel est l’âge du fils ?

Question N° 2 – Avec son bouchon, une bouteille pèse 110 grammes. La bouteille pèse 100 grammes de plus que le bouchon. Quel est le poids du bouchon ?

Ces problèmes font des ravages, ils semblent si simples qu’on en oublie de réfléchir : on se piège soi-même et on répond faux … 

Éléments de réponse :

  • La réponse n° 1 concernant l’âge du fils n’est pas six ans.
  • De même, la réponse n° 2 concernant le poids du bouchon n’est pas 10 grammes, sinon la bouteille pèserait 100 grammes de plus, soit 110 grammes et la bouteille bouchée 120 grammes. 

On peut trouver ce résultat directement par l’algèbre.

  • En notant x le poids du bouchon et y celui de la bouteille, on a donc y = 100 + x. Celui de la bouteille bouchée : (x + y) = x + (100 + x) = 100 + 2 x = 110, ce qui fournit « x ».
  • La même équation permet de résoudre les deux problèmes et bien d’autres.

En fait, nos deux énigmes sont un habillage d’une même question mathématique concernant les équations du premier degré.

Utilisez le champ commentaire pour proposer vos réponses.

Stéphane MARCIREAU, le philosophe

Stéphane Marcireau, le philosophe joueur derrière Philodéfi

Par Denis Peiron, La Croix, le 29/08/2019 à 11:53 

Le savoir en partage (4/5). Ce professeur de Poitiers a créé un jeu pour aider les élèves à apprendre la philosophie en tirant profit des intelligences multiples. Une démarche ludique couronnée de succès.

Stéphane Marcireau, professeur de philosophie, photographié dans son lycée, L’Union Chrétienne, à Poitiers (Vienne) le 9 juillet 2019. Il a crée « Philodéfi » jeux de cartes pour apprendre la philosophie en s’amusant. Photos Claude Pauquet pour La Croix.

Quand il a commencé à enseigner la philosophie, il y a un petit quart de siècle, Stéphane Marcireau se préoccupait avant tout de gérer son planning, de boucler son programme. Dans son lycée catholique du centre-ville de Poitiers, il pouvait encore se permettre de donner des cours à l’ancienne, dans une logique de transmission verticale, de maître à élève. Mais les ans ont passé et la jeunesse a changé. Les aspirations ont évolué. Et surtout, à l’heure de l’instantanéité numérique, les capacités de concentration ne sont plus ce qu’elles étaient.

Comment relever le défi ? Il y a quelques années, Stéphane Marcireau s’est souvenu d’une séance durant laquelle, se promenant entre les rangs tout en dictant son cours, il avait découvert les dessins que faisait Louise, l’une de ses meilleures élèves, en marge de ses notes :

Elle avait représenté l’animal-machine cher à René Descartes. Sur sa feuille, on apercevait le philosophe en train de soulever la peau de son cheval, dont on découvrait alors la mécanique. En quelques traits, elle avait résumé cette théorie cartésienne pour mieux la fixer dans son esprit : l’animal n’est qu’une machine, avec des tuyaux, des ressorts.

Nota. Stéphane MARCIREAU est auditeur de l’IHEDN.